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Christian Sabas Fondateur de l'Atelier du Non Faire Christian
Sabas est né le 21 janvier 1953 à Pointe à Pitre,
en Guadeloupe. Il arrive en Métropole en 1973.
Diplômé infirmier psychiatrique, travaille à l’hôpital Maison Blanche où, en 1983, crée l’Atelier du Non-Faire. Depuis il n’a pas cessé de partager sa vie entre le travail de création avec les patients et son activité de peintre et musicien. Le contact avec la folie (enfermée) a été un catalyseur, une échappatoire… Sa découverte de la peinture advient en dehors des lieux académiques, « il s’adonne à ce plaisir étrange » depuis 1980… Ses voyages en Europe, mais surtout en Afrique, à la recherche de l’héritage historique, l’identité du peuple noir, ont enrichi sa vision du monde, d’ailleurs très fidèle aux racines antillaises. Son parcours se reflète sans doute dans son œuvre. Il vit et peint dans son atelier à Montreuil, Expose depuis 1985 |
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Que fais-je ?
Ainsi les sens, du savoir, de l’homme rentable, de son travail possible,
résiderait dans le fait de ne rien faire, dans ce temps où
il n’est pas « productif »…
Il y aurait un moment où le temps semble s’effacer (états altérés de conscience, orgasme, extase mystique, etc.) ? Des moments magiques, miraculeux, propices aux créations… ? Des instants de connaissance où nous aurions joué à être je… ? En dehors de la prise en charge traditionnelle, ce moment de non-productivité peut-il se vivre comme un penchant, un allié naturel pour un soin mieux pansé, et alors récompensé… repensons la notion de soin. Qui
soigne qui ?
Le patient qui adopte le non-faire, même momentanément, fait,
en fait, une mise au point, une régulation des tensions entre dedans
et l’extérieur… voire un passage de frontières,
d’un profond chaos à un laisser aller… jusque vers
la sortie… il aura donc choisi un lieu où il entrevoit la
cessation future de ses angoisses… transcendance, immédiateté
par l’instant et dans le mouvement, actualisation de l’être…
non-faire – faire pour rien – ne rien faire…
Que contient le non-faire?… Que
crie t-on ?
Comment d’un lieu de création peut-on faire un intermédiaire,
une porte ouverte sur l’extérieur, sur l’intérieur
et un vivre “avec” notre folie?
Temps d’équilibre, de médiation, de régulation, de discussion, de création… Ces heures passées à l’atelier ne permettent pas, comme le pensent certains soignants, à s’échapper des réalités des mondes du travail, mais plutôt à s’y resituer, voire à rester en prise avec ce travail… Ce moment non-faire est aussi propice à la mise en condition, à voir venir sur Paris et ailleurs, à envisager le métro, RER, un stage, un foyer… comme si le transit au non-faire préparait au temps productif. S’impose alors le goût du travail bien pensé, fait, de la relation à l’autre jusqu’à l’envie d’être là, disponible à entendre, écouter, rapporter, composer. S’impose aussi le comprendre sous quels rapports l’angle d’une guérison, l’ébauche d’un traitement possible s’installe, et dans quels lieux humanisés un vrai traitement subsiste… Tout cela est-il réaliste, positif sans ce temps d’équilibre ? Y a-t-il un savoir faire sans un savoir être… en recherche d’équilibre à travers le temps suspendu? Qui
crée quoi ?
Que cache l’expression psychopathologique. Qui niche en ces lieux..
?
Le travail du soignant ne peut être que de veiller à l’apparition d’une en-vie, d’un désir de se dire en corps. Le soi se disant soignant trouverait alors le support approprié permettant à l’être en mal de se jouer..à quel jeu…sûrement pas jouer sa peau, mais seulement à je–jeu, jouer au je jouissant de la rencontre avec son être profond, si fécond et ainsi le soignant de s’illuminer, de jubiler à l’approche de cette chose dite d’art, faisant œuvre devant lui ,ici, là, re –donnant du sens à l’instant, à l’être, à l’homme, à l’amour dans l’autre. Les créations favorisent un retour à la normale, à la cité, permettant une réinsertion, réintégration, retour en groupe, retour à la communication. et ainsi peu à peu par le biais de l’objet réalisé ,notre ami refait surface, rétablissant de nouveau le lien. En ce moment là… le non-faire… se propose de .. se situe…à travers une re-création (récréation), vers un extérieur plus intense, vers un mouvement continu de l’existence à travers la peinture, la musique, les textes, la prose, l’improvisation… La notion de souffrance prend toute sa force dans l’instant… Quand existe un espace, un lieu, un moment de grande insatisfaction, de doute . un visage de grande douleur, un corps déphasé d’émotions, de sentiments mal contenus, en constants débordements… ici l’on doit habiller l’instant d’amour… d’aide, de solidarité, d’amitié, de réconfort, de compréhension. L’être par le non-faire se construit une nouvelle raison et la situation n’est plus insensée… |
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